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Street Art City - Lurcy-Lévis - Allier

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Haut lieu de l'art pictural urbain

Ancien centre de formation de France Telecom, Street Art City, créé en 2015 à Lurcy-Lévis, est devenu depuis, la seule résidence artistique au monde entièrement dédiée à l'art urbain pictural.
Street Art City - Les réfugiés par ASIER - Hôtel 128
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Justice Wall II by Snake - Street Art City - Lury-Lévis - Allier
Justice Wall II by Snake - Street Art City
Street Art City - Alice au pays des merveilles
Street Art City - Alice au pays des merveilles
Tout l'histoire de ce lieu commence en 2003, lorsque Sylvie et Gilles Iniesta décident de racheter un terrain à Lurcy-Lévy : " C’était l'ancien centre de formation des PTT, inauguré en 1982 et fermé en 1992 puis abandonné. On l’a racheté à France Télécom. Depuis cette année, on cherchait une destination pour l’ensemble des bâtiments, établis sur 10 hectares. C’est 7.000 m² de bâtiments : une véritable micro-ville ".
Street Art City by Gérard Charbonnel
C’est le 22 janvier 2015 en fin d'après-midi, alors qu'elle promenait son chien, que Sylvie a une révélation : recouvrir les bâtiments de graffitis. Les grafittis ? Le Street Art ? Des domaines et une culture auxquels le couple est pourtant totalement néophyte.

Gilles se souvient : " On a passé la nuit entière à regarder tout ce qui se faisait en matière de graffiti dans le monde. On a été subjugué par cette forme d’expression artistique. Mais on a aussi constaté que c’était toujours des projets éphémères sur des lieux voués à la démolition, comme la tour 13 à Paris ". En effet, " il n’existait pas dans le monde de résidence dédiée au Street Art. C’est la voie qu’on a décidé de prendre ".
Gilles Iniesta - En Vrai
Dès le mois de mai 2015, apparaissent les premières oeuvres réalisées par des artistes régionaux. L’aventure commence alors et elle va très vite se faire savoir.

Le projet " Street Art City " est officiellement lancé en mars 2016. Pour l’occasion, Sylvie et Gilles organisent un événement solennel : " On a invité tous les élus de la ville, du département, la presse et les chefs d’entreprise pour faire une présentation du projet ".

En 2016, 51 artistes de 11 nationalités différentes ont été accueillis et ont participé au projet. Mais l’accès reste encore confidentiel.
En Avril 2017, "Street Art City" prend une toute nouvelle dimension : l'accès s'ouvre au public. " Cette année là, on a accueilli 74 artistes de 22 nationalités différentes ", précise Gilles.

En 2018, ce sont 85 artistes, venus du monde entier et de diverses disciplines qui sont attendus. Devant l'engouement, toutes les demandes ne peuvent être satisfaites, ajoute Gilles : " On a une liste d’attente de 900 artistes !".  Cet intérêt s’explique par l’originalité de Street Art City, qui en fait un lieu véritablement unique au monde : "On a été qualifié de Villa Médicis des arts urbains, l’an dernier".
De part sa fréquentation grandissante, ce site concourre à redorer a l’image, parfois encore négative, du Street Art et à le légitimer aux yeux du public et des institutions : " On participe, d’une certaine façon, à faire prendre conscience à toute une partie de la population que cet art qu’on a longtemps considéré, ou qu’on a voulu considérer comme simplement illégal, pouvait être aussi quelque chose de magnifique ".

À Street Art City, tout est fait pour que les artistes puissent s’exprimer du mieux qu’ils le peuvent, explique Gilles Iniesta : " Ils sont accueillis en résidence ; ils sont nourris et logés. On leur fournit l’ensemble du matériel dont ils ont besoin : des bombes de peintures, de la peinture liquide, des nacelles élévatrices... J’aime bien dire que l’artiste arrive ici avec ses vêtements et son talent. À partir de là, on le place dans une bulle de confort où il a une seule chose à penser : créer ! ". En moyenne, les résidences durent entre une et trois semaines.

Cette mise en valeur à des effets bénéfiques pour les artistes : "Ils veulent venir à Street Art City parce qu’ils se retrouvent dans les mêmes conditions qu’en ville, avec l’avantage d’être dans un lieu complètement légal, où ils peuvent s’exprimer en toute liberté ".
Street Art City - No pain,no gain - Crey One
Street Art City - No pain,no gain - Crey One
Ce projet n’attire pas uniquement des artistes. Les spectateurs répondent présents, montrent un vif intérêt et font preuve de curiosité : ils sont au rendez-vous et cela, dès l'ouverture au public en 2017 : " En cinq semaines d’ouverture au public l’année dernière, on avait accueilli des habitants de l’ensemble des départements de France. On a eu au moins une personne venant de chaque département ". Il y a également de nombreux touristes étrangers, intéressés par le Street Art qui viennent en France uniquement pour cette exposition unique.